Le 26 janvier 2015 l’Assemblée Nationale engagera le débat sur les 106 articles du projet de loi dite « pour la croissance et l’activité » et sur 19 projets d’ordonnances contournant le Parlement.

Macron

N’allez pas croire qu’il s’agit d’enrichir les travailleurs, non, chacun sait que le travail n’enrichit personne, tout juste s’il permet de vivre. Ce qui enrichit, c’est d’exploiter le travail des autres.

La France est le pays d’Europe qui a le plus de milliardaires :

Elle en a 78.

Deux d’entre eux (Arnaud et Bettencourt) possèdent plus que 20 millions de français. Il est impossible d’être riches à ce point sans avoir pillé, détourné, spéculé contre les fruits du travail de centaines de milliers de salariés.

Depuis Las Vegas, Macron en rajoute : il dit aux jeunes « ayez envie de devenir milliardaires ».  Proposer cela à la jeunesse, dont 25 % est au chômage, c’est l’insulter grossièrement.

Si l’avenir c’est d’exploiter au maximum les autres pour faire partie du 1 % qui se goinfre du travail des 99 %, il est certain que la crise des idéaux dans la jeunesse va s’accroitre.

Au lieu de liberté, égalité, fraternité, il n’est pas sûr que compétitivité exacerbée, inégalité forcenée et richesse illimitée soit des objectifs très attractifs.

« Mon obsession, lorsque je regarde le CAC 40 aujourd’hui, est de créer le CAC 40 de dans dix ans et d’avoir des milliers de grandes entreprises qui puissent remplacer le CAC 40 actuel. Ce serait une grossière erreur de protéger les entreprises et les jobs existants » dit encore Macron.

Vous avez bien lu : « Mon job n’est pas d’aider les entreprises établies mais de travailler pour les outsiders, les innovateurs ». Il ne lutte pas contre le chômage, ni pour les « insiders » qui ont du boulot, il est pour les « outsiders » qui vont le casser, en vous faisant travailler le dimanche et de nuit, en facilitant les licenciements, en affaiblissant les délégués du personnel, en déréglementant le droit du travail.

job

D’ailleurs l’extension du travail du travail  le dimanche et de nuit ce n’est pas pour protéger les entreprises ni les jobs existants, c’est pour casser tout ce qui bride l’enrichissement, en l’occurrence la durée légale du travail.

La facilitation des licenciements, c’est pour mieux vous remplacer, vous les « insiders » par les « outsiders ».

L’in-sécurisation des délégués du personnel, c’est pour que personne ne s’y oppose.

La casse de l’inspection du travail, de la médecine du travail et des prud’hommes, nous ramène un siècle en arrière.

Les CHSCT sont une des plus grandes avancées depuis 30 ans en matière de santé, sécurité, hygiène, conditions de travail, les supprimer serait un crime.

Mais ce n’est pas foutu : si nos syndicats s‘y mettent tous ensemble dans le maximum d’unité, on peut créer l’état d’esprit, le rapport de force, pour que ce « coup de vieux » soit rendu impossible, pour qu’il y ait une majorité de votes « contre » au Parlement.

Ni 12, ni 7 dimanches : pas un dimanche de plus ! De fortes compensations doivent être imposées par la loi pour ceux qui sont dans l’obligation de travailler ce jour-là.

Non à l’extension du travail «  en soirée ».

Depuis que le travail de nuit a été étendu en 1992, un million de femmes de plus le subissent et l’effet sur l’emploi global est nul.

Non à la facilitation des licenciements !

Les obligations de reclassement doivent être maintenues au niveau des groupes, les critères pour établir les listes de licenciements aussi !

Non à l’abandon des handicapés au travail !

Non à l’abandon des poursuites pénales dans le travail illégal !

Macron2

Il faut plus de règles et non pas moins de règles pour protéger les salariés.

Les règles c’est de l’emploi en plus, des dividendes en moins.

La déréglementation c’est du chômage en plus et des salaires plus bas.

Gérard Filoche